Thèmes d’actualité – Dépenses de santé jusqu’en 2060 : les nouvelles projections de l’AFF font état d’une pression marquée et constante sur les coûts
Un nouveau working paper de l’Administration fédérale des finances (AFF) présente l’évolution prévue des dépenses de santé en Suisse jusqu’en 2060. Dans le cadre de cette nouvelle étude, les conséquences financières des réformes récentes du système de santé sont pour la première fois prises en compte. Les prévisions montrent quels facteurs influencent la croissance des dépenses et comment la charge financière répartie entre les assurés et les contribuables pourrait évoluer.
L’augmentation des dépenses de santé entraîne des charges croissantes pour les assurés et les contribuables. Le nouveau working paper de l’AFF présente l’évolution possible des dépenses d’ici à 2060 ainsi que les facteurs de coûts déterminants. L’étude s’appuie sur les projections antérieures de l’AFF, mises à jour sur la base, notamment, des nouveaux scénarios de l’évolution démographique établis par l’Office fédéral de la statistique.
Pour la première fois, cette étude tient compte des dernières réformes en matière de financement de la santé, en particulier du financement uniforme des prestations ambulatoires et stationnaires (EFAS) ainsi que de celui des soins, et de l’obligation pour les cantons de verser une contribution minimale au financement de la réduction des primes de l’assurance-maladie. Ces réformes modifient la répartition du financement entre l’assurance-maladie obligatoire et les collectivités publiques. L’EFAS devrait avoir pour effet que ces dernières seront davantage mises à contribution dans le domaine de la santé et un peu déchargées dans le domaine des soins de longue durée.
Les prévisions montrent que non seulement les facteurs de coûts (vieillissement, hausse des revenus et progrès de la médecine) mais aussi la loi de Baumol continueront d’exercer une pression sur le système de santé. Selon le scénario de référence, le total des dépenses de santé passera de 11,2 % du PIB en 2023 à 15,3 % en 2060. Pour la première fois, le déplacement des prestations du secteur stationnaire vers le secteur ambulatoire, considéré comme un facteur de réduction des coûts, est pris en compte. D’autres scénarios fondés sur diverses hypothèses sur le vieillissement et la morbidité, la migration, les revenus et les progrès médicaux illustrent l’importance de ces facteurs dans la dynamique des dépenses.
En matière de politique de la santé, une croissance marquée et constante des dépenses menace l’accès général de la population aux soins. En matière de politique financière, une croissance élevée et continue des dépenses signifie que la durabilité des finances publiques est mise sous pression. La fixation de mesures complémentaires visant à accroître l’efficacité et à freiner l’augmentation des dépenses est par conséquent indiquée.
L’analyse détaillée se trouve dans le working paper:
